Portrait des élections du Québec 2022

Le jour du vote des élections québécoises aura lieu le lundi 3 octobre 2022 et les élections seront déclenchées le dimanche 28 août prochain. Alors que la pré-campagne bat son plein, plusieurs partis ont commencé à dévoiler leur plateforme électorale et à effectuer des annonces. Voici un bref portrait de l’état des lieux.

Coalition Avenir Québec

Selon Qc125, les sondages placent la CAQ en forte avance face aux partis de l’opposition, avec 43% des intentions de vote, ce qui lui permettrait d’élire 96 député(e)s sur 125 circonscriptions. À moins d’un revirement majeur lors de la campagne, la question qui se pose pour le parti est de savoir jusqu’à quel point sa majorité sera forte. La nomination des ministres s’annonce ardue pour François Legault, avec l’annonce de plusieurs candidatures de qualité.

Actuellement, la CAQ balaierait pratiquement le Parti Québécois de la carte et irait même faire des gains dans des circonscriptions historiquement libérales à Laval, Montréal et en Outaouais, tandis qu’elle est compétitive dans certaines circonscriptions détenues par Québec Solidaire. La CAQ devrait ainsi poursuivre sa récupération de l’électorat du PQ et du PLQ en misant à la fois sur des enjeux identitaires et économiques. Son slogan « Continuons » évoque la poursuite des changements opérés depuis 2018, freinés par la pandémie.

Parti libéral du Québec

Le Parti Libéral du Québec est en déroute depuis l’élection de 2018. Il n’a pas su comment se positionner dans le nouvel échiquier politique à la suite du changement de paradigme de l’axe fédéralisme/indépendantisme vers l’axe classique gauche/droite. Le PLQ a valsé avec le nationalisme avant de revenir à ses sources face au mécontentement des anglophones et des allophones, son électorat acquis, lorsqu’il semblait vouloir appuyer le projet de loi 96 sur la langue française au Québec.

Le PLQ aurait actuellement l’appui d’un électeur francophone sur dix, récoltant 18% des intentions de vote et projetant l’élection de 18 députés. La CAQ risque de lui ravir de nombreuses circonscriptions où l’électorat francophone est majoritaire. Même Dominique Anglade, la cheffe du parti, n’est pas à l’abri de perdre son siège de Saint-Henri-Sainte-Anne. La clé pour le PLQ est de se positionner face au réalignement politique de 2018 afin de convaincre les francophones qu’il représente une alternative convaincante. Autrefois le parti de l’économie, le parti semble se recentrer vers la gauche, tel qu’avec l’éternel engagement de procurer un médecin de famille à tous les Québécois ou encore l’octroi de 215$ pour l’achat de fournitures scolaires. En attendant, il doit protéger ses acquis dans la grande région de Montréal.

Québec Solidaire

Les sondages indiquent que Québec Solidaire aurait peut-être atteint son plafond aux élections de 2018. Depuis sa fondation, QS n’a cessé de faire des gains et n’a jamais perdu de siège. Ses circonscriptions situées à Rouyn-Noranda, Sherbrooke et Jean-Lesage, à Québec, sont à défendre face à la CAQ qui était passée près de les remporter en 2018. La nomination de Gabriel Nadeau-Dubois comme chef du parti semble être appréciée auprès de l’électorat, alors qu’il représenterait le 2e meilleur premier ministre et que le parti récolterait 16% des intentions de vote chez les francophones.

QS récolterait 15% des intentions de vote et remporterait 9 circonscriptions en date d’aujourd’hui. Le parti pourrait ravir le titre d’opposition officielle au PLQ alors qu’il s’insère mieux dans le changement de paradigme préconisé depuis 2018 et qu’il performe mieux auprès des francophones. Toutefois son potentiel de croissance semble limité et près d’un de ses électeurs sur deux pourrait voter pour un autre parti d’ici l’élection. QS est axé résolument à gauche et performe bien au sein des circonscription jeunes et urbaines. Il devrait axer sa campagne sur l’environnement, les mesures sociales ainsi que l’indépendance du Québec. Son slogan « Changer d’ère » s’oppose résolument à celui de la CAQ, faisant ressortir le contraste entre ses politiques progressistes et celles du précédent gouvernement.

Parti Québécois

Tout comme le PLQ, le Parti québécois cherche sa place depuis 2018. Plusieurs de ses députés vedettes ont annoncé qu'ils ne se représentaient pas. Le PQ a mis en avant son objectif auprès de l'électorat, l'indépendance du Québec, mais il a du mal à s'imposer dans le cycle médiatique. Une seule circonscription est sécurisée (Matane-Matapédia) alors qu'il va se battre pour sauver les autres en région.

Le PQ récolterait 10% des intentions de vote et élirait seulement deux députés à l’automne prochain. Ses intentions de vote ne cessent de diminuer depuis près de 25 ans et le parti s’est fait ravir l’enjeu identitaire par la CAQ. Le parti risque de poursuivre sa chute, alors qu’il a de la difficulté à recruter des candidatures de qualité et que le nouveau chef Paul St-Pierre Plamondon peine à faire sa marque. Le PQ fera valoir sur toutes les tribunes l’indépendance du Québec et ses avantages face au régime fédéral et le fédéralisme de François Legault.

Parti conservateur du Québec

Le Parti Conservateur du Québec existe depuis 2009, mais a vraiment intégré le paysage politique québécois avec la pandémie en 2020 puis cristallisé sa position avec l’élection de l’ex-animateur de radio Éric Duhaime comme chef en 2021. Le parti a connu une croissance fulgurante en financement ainsi qu’en membership et ses appuis se concentrent surtout dans la grande région de Québec, quoiqu’il performe bien auprès de l’électorat anglophone.

Le PCQ veut donner une voix à la fois aux électeurs désabusés du système mais surtout de la gestion de la pandémie par la CAQ, tout en faisant valoir des positions libertariennes fortement inspirées de l’ADQ, présent de 1994 à 2012. Avec 13% d’intentions de vote et des forts appuis dans la région de Québec, il peut espérer ravir trois circonscriptions à la CAQ (Beauce-Nord, Beauce-Sud, Chauveau). Ses positions forcent également la CAQ à surveiller son flanc droit, lui qui a promis d’alléger le fardeau fiscal des Québécois(e)s. Le slogan du PCQ « Libres chez nous » est un clin d’œil historique au début de la Révolution tranquille, alors qu’il évoque désormais l’idée que les mesures sanitaires et le fardeau fiscal de la province écrasent la liberté des citoyens.

Conclusion

Seuls la CAQ (76 sièges) et le PCQ (1 siège) devraient augmenter ou maintenir leur députation, tandis que le PLQ (27 sièges), QS (10 sièges) et le PQ (7 sièges) risquent de la voir diminuer. La CAQ devrait voir une partie de son électorat migrer vers le PCQ en raison de la gestion de la pandémie, tout en ralliant des électeurs du PLQ et du PQ ne se retrouvant plus dans les mesures économiques et identitaires proposées par ces partis. QS devrait également voir une partie de son électorat antisystème se rallier au PCQ. Les enjeux phares de la campagne 2022 devraient être la gestion de la pandémie et du système de santé, l’économie et la pénurie de main d’œuvre, l’environnement et les changements climatiques ainsi que les questions identitaires.

Sources :

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