Nouvelles hebdomadaires du Québec : 12 janvier 2024

Bonne année et bienvenue à la lettre d'information sur les nouvelles et les mises à jour du Québec. Cette semaine, les députés ont repris leur travail dans leur circonscription.

Voici ce qui vous attend à l'Assemblée nationale en 2024

En 2024, le gouvernement Legault au Québec cherche à se remettre d'une mauvaise passe et à regagner le soutien de la population, mais il est confronté à des défis car les services publics sont au bord de l'effondrement. Le ministre Christian Dubé est chargé de mettre en place Santé Québec, une entité publique gérant les opérations de soins de santé, à la suite de sa réforme du réseau de santé. Les noms des principaux responsables de cette entité devraient être annoncés au printemps. Parallèlement, la ministre des transports, Geneviève Guilbault, prévoit de proposer une loi pour la création d'une nouvelle agence chargée de gérer de manière indépendante les grands projets d'infrastructure et de transport public de la province. Le ministre du travail, Jean Boulet, s'efforce de moderniser le secteur de la construction en autorisant le partage des tâches entre les différents corps de métier afin de réduire les délais et les coûts.

Le ministre de l'énergie, Pierre Fitzgibbon, présentera un projet de loi sur l'utilisation d'énergies propres pour faire face à la pénurie d'électricité prévue, en mettant l'accent sur les changements d'habitudes des consommateurs sans prendre de mesures brutales. Hydro-Québec a l'intention de promouvoir l'utilisation efficace de l'électricité, tandis que le premier ministre François Legault a promis de limiter les augmentations des factures d'électricité résidentielles à 3% par an. Entre-temps, un plan de protection de la langue française, promis par le ministre Jean-François Roberge, est en suspens. En politique, le Parti libéral du Québec (PLQ) se prépare à une course à la direction qui pourrait voir émerger des candidats cette année, Frédéric Beauchemin ayant manifesté son intérêt malgré des allégations antérieures de harcèlement psychologique.

Le temps est l'allié de Legault

La fortune de François Legault et de son parti, la Coalition Avenir Québec (CAQ), a connu un déclin spectaculaire au cours de l'année, reconnu par M. Legault lui-même au moment où la session parlementaire a été ajournée pour les vacances. Après avoir remporté une solide majorité lors de sa réélection, en obtenant 89 des 125 sièges de l'Assemblée nationale, la CAQ est désormais distancée par le Parti québécois (PQ) dans les sondages d'opinion. La perte du siège de Jean-Talon au profit du PQ a semblé ébranler M. Legault. Les défis pour la CAQ sont venus d'horizons inattendus, au-delà des critiques anticipées sur les grandes réformes de la santé et de l'éducation et sur les négociations dans le secteur public, y compris des questions telles que la saga de la SAAQclic, l'augmentation des salaires des députés et les controverses sur certaines subventions.

 

Certains membres de la CAQ considèrent M. Legault comme un réformateur et s'attendent à ce qu'on lui reconnaisse le mérite de s'être attaqué avec audace aux réformes des réseaux de la santé et de l'éducation. Comme les élections n'auront lieu qu'en 2026 et que d'importantes promesses de la CAQ devraient se concrétiser dans les mois à venir, notamment des nominations à la tête de Santé Québec et le lancement d'un nouvel institut d'enseignement, M. Legault a le temps de reprendre pied avant que l'Assemblée nationale ne se réunisse à nouveau en février. Entre-temps, le style de leadership candide de M. Legault a fait l'objet de critiques, notamment en ce qui concerne les commentaires émotifs sur les grèves dans le secteur de l'éducation et les erreurs dans la prévision de la fin des grèves dans la réalité. Ces incidents marquent la fin de ce qui est considéré comme la pire séquence de la CAQ depuis son arrivée au pouvoir.

Négociations dans le secteur public : $11 milliards d'euros de plus pour payer les fonctionnaires

Le Québec doit faire face à une dépense annuelle supplémentaire de 11 milliards de dollars canadiens en raison des augmentations salariales convenues entre le Front commun (Front commun) et le gouvernement Legault. L'accord proposé, conclu à la fin du mois de décembre, prévoit une augmentation salariale de 17,4% sur cinq ans. Cette augmentation portera les dépenses de l'État pour les salaires des employés à 70 milliards CAD par an, soit 60,8% des dépenses totales du gouvernement, qui s'élèvent à 115 milliards CAD.

L'accord, qui doit être ratifié par les membres du Front commun entre le 15 janvier et le 19 février, comprend non seulement des augmentations de salaire, mais aussi une disposition visant à protéger le pouvoir d'achat au cours des trois dernières années du contrat de travail. Il améliore également les régimes de retraite et la réglementation des droits parentaux. Le succès de l'accord n'est pas assuré, comme l'a montré le rejet par la police québécoise d'un accord similaire en septembre dernier. L'approbation de plus de 50% des 420 000 travailleurs des secteurs de la santé et de l'éducation représentés est nécessaire pour que l'accord devienne une convention collective.

L'ancien maire de Montréal et député libéral Denis Coderre envisage une candidature à la direction du parti libéral

L'ancien maire de Montréal, Denis Coderre, envisage sérieusement de se porter candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et recherche activement des soutiens. Des sources ont confirmé que M. Coderre, ancien ministre fédéral du Parti libéral du Canada, a contacté des membres influents du parti afin d'évaluer le soutien à sa candidature potentielle et qu'il tente de constituer une équipe de campagne. À l'heure actuelle, la candidature de M. Coderre semble susciter peu d'intérêt au sein du caucus, et seul le député Frédéric Beauchemin est considéré comme un candidat potentiel à la direction du parti. Le PLQ est confronté à une chute vertigineuse de ses soutiens après une défaite historique en 2022, son pire résultat en 155 ans.

M. Coderre, après deux défaites à la mairie et après s'être remis d'un accident vasculaire cérébral en avril dernier, a laissé entendre qu'il continuait à s'intéresser à la politique, mais il a refusé les entrevues, se contentant de donner des nouvelles à son émission de radio. Le chef intérimaire du PLQ et les dirigeants du parti se sont abstenus de tout commentaire sur sa candidature potentielle afin de préserver l'impartialité de la course à la direction.

Le gouvernement du Québec veut permettre à d'autres villes d'imposer une taxe pour financer le transport public

Le gouvernement du Québec souhaite donner à davantage de villes les moyens d'agir. imposer une taxe supplémentaire sur l'immatriculation des voitures pour mieux financer les transports publicsCette surtaxe a été mise en place à la demande des villes de Québec et de Lévis. Auparavant, seuls les conducteurs de Montréal payaient une surtaxe, perçue par les villes de Québec et de Lévis. Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), pour financer les transports en commun. Cette taxe sera également imposée aux automobilistes du nord et du sud de Montréal à partir de 2024. La ministre des Transports Geneviève Guilbault, qui est en conflit avec de nombreuses sociétés de transport et des maires qui luttent pour financer les transports publics, n'a pas commenté la question de savoir s'il s'agissait d'une solution viable. Le mois dernier, Mme Guilbault a annoncé que le gouvernement couvrirait 70% des déficits des dix sociétés de transport public de la province en 2024.

Santé Québec : la transition commence

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a choisi un comité de transition de 11 membres pour mettre en place Santé Québec, la nouvelle agence gouvernementale chargée de gérer les activités quotidiennes du secteur de la santé. Ce comité comprend des personnalités comme l'ex-directrice générale du CHU Sainte-Justine, Caroline Barbir, et l'ancien responsable de la campagne de vaccination COVID-19, Daniel Paré. Le groupe, composé de professionnels tels que d'anciens directeurs régionaux, une infirmière et un représentant du comité des usagers, doit tenir sa première réunion sous peu. Son mandat est de coordonner la transition, d'assurer l'harmonisation avec la "Loi 15" et de fournir des conseils sur Santé Québec.

D'ici la fin de l'automne, tous les établissements du réseau de santé devraient être intégrés à Santé Québec, et l'équipe de direction devrait être nommée au cours de l'été. Le directeur général de Santé Québec, dont le salaire de base s'élève à 543 000 CAD, doit être nommé d'ici au mois d'avril. L'appel à candidatures sera lancé la semaine prochaine, la date limite de dépôt des candidatures étant fixée au 1er mars. La création de Santé Québec a été confirmée le 9 décembre par l'adoption du projet de loi 15, qui vise à améliorer l'efficacité du système de santé, tandis que le MSSS supervisera les politiques de santé plus générales. Le mandat du comité de transition a été approuvé par le cabinet le 20 décembre.

Le ministère de l'environnement délivre la première autorisation ministérielle à Northvolt

Le 8 janvier, le ministère de l'environnement a accordé à Northvolt une autorisation préliminaire pour son projet de production de batteries sur un ancien site de fabrication d'explosifs, dans le respect des règles de zonage industriel. L'analyse du ministère a confirmé que l'empiètement sur les zones sensibles, notamment les cours d'eau, les zones inondables et les habitats de reproduction potentiels de certaines espèces, était minime. Northvolt est tenue d'offrir une compensation financière pour toute incidence sur l'environnement, en particulier sur les zones humides et les plans d'eau.

L'entreprise doit également améliorer ou préserver des habitats naturels équivalents aux zones touchées, y compris une zone de conservation de 30 à 50 hectares à l'extérieur du site du projet. Ces engagements doivent être examinés et approuvés par le ministère dans un délai de 36 mois. La construction et l'exploitation futures de Northvolt nécessiteront d'autres autorisations ministérielles en vertu des lois sur l'environnement, et le ministère veillera au contrôle de l'environnement tout au long du processus. Le site abritera le complexe de production et de recyclage des composants de batteries pour véhicules électriques de Northvolt, mais l'autorisation actuelle ne couvre pas la zone de l'installation de recyclage, dans l'attente d'une procédure d'évaluation des incidences sur l'environnement.

Le ministre Bernard Drainville annonce un plan de rattrapage scolaire

Le ministre de l'éducation du Québec, Bernard Drainville, a annoncé un plan de rattrapage scolaire de $300 millions de dollars pour soutenir la réussite des élèves en cas d'échec scolaire. Ce plan prévoit du tutorat en dehors des heures de cours, une aide spécialisée pour les élèves ayant des besoins spécifiques, un soutien supplémentaire en français pour les élèves immigrants et des cours d'été gratuits pour les élèves de 4e et 5e année du secondaire. Un fonds d'urgence soutiendra également les organisations éducatives et des activités de récupération pourront être proposées pendant les vacances de printemps. Les écoles et les centres éducatifs ont la possibilité de mettre en œuvre ces initiatives de rétablissement en fonction des besoins locaux, qu'ils sont chargés de planifier d'ici la fin du mois de janvier 2024.

En outre, le gouvernement propose de modifier le calendrier scolaire et les examens ministériels, notamment en retardant de sept jours les examens de fin d'année, en réduisant la pondération de ces examens et en établissant un guide des contenus d'apprentissage prioritaires. La date limite de remise des bulletins scolaires de mi-année pourrait être repoussée du 15 au 28 mars afin de laisser plus de temps pour l'enseignement et le rattrapage. La mise en œuvre du plan de redressement commencera par des évaluations début janvier, suivies d'une communication avec les parents et du lancement de mesures de soutien à la fin du mois.

Le futur PDG de l'Agence de santé du Québec gagnera $543 000

Le futur directeur général de Santé Québec, une nouvelle agence responsable des aspects opérationnels du système de santé de la province, devrait recevoir un salaire de 543 000 CAD, assorti d'incitations à la performance. Ce salaire est le double de celui du Premier ministre du Québec, François Legault. Le ministre Christian Dubé a souligné l'importance d'attirer une personne de haut calibre du secteur privé pour réorganiser le système de santé, qualifiant souvent le candidat idéal de "top gun". Le directeur général dirigera plus de 300 000 employés du secteur de la santé et des services sociaux dans divers établissements.

Le poste sera publié à la mi-janvier et un comité indépendant examinera les candidatures, mais la décision finale sera prise par le cabinet. Les cadres supérieurs de l'agence seront parmi les mieux payés du secteur public québécois et, bien qu'il ait été initialement question de fournir un chauffeur - un avantage dont bénéficient les ministres -, le ministère a par la suite déclaré qu'il n'y aurait qu'une indemnité de déplacement. Cette décision d'embauche intervient dans un contexte de réformes visant à rationaliser les services de santé, face aux critiques des syndicats et des opposants politiques qui reprochent à l'agence de promouvoir des pratiques salariales excessives dans le secteur privé et une privatisation potentielle des services.

Une année mouvementée pour Hydro-Québec

L'année d'Hydro-Québec, la compagnie d'électricité publique, a été mouvementée : la montée en flèche de la demande d'électricité propre et l'insuffisance de l'offre ont contraint le gouvernement à établir des priorités. Après la démission fracassante de Sophie Brochu, PDG, à la suite de désaccords avec le ministre de l'énergie Pierre Fitzgibbon sur l'utilisation de l'énergie, l'accent a été mis sur la réduction de l'énorme déficit énergétique. L'héritage de Sophie Brochu comprend un accord d'exportation historique avec New York et l'acquisition de centrales hydroélectriques en Nouvelle-Angleterre. Sous la direction de Michael Sabia, le nouveau PDG, Hydro-Québec prévoit de dépenser $185 milliards d'euros d'ici à 2035 pour améliorer les services, alors que les pannes atteignent des durées record et que de nombreux clients attendent d'être raccordés.

Des politiques controversées plafonnent les tarifs de l'électricité et ouvrent potentiellement la production à des entreprises privées, suscitant des craintes de privatisation partielle, mais certains voient des opportunités dans la collaboration privée. Alors que le Québec cherche à tripler sa capacité éolienne, des conflits avec les habitants se profilent. La sobriété énergétique d'Hydro-Québec en 2024 suggère d'encourager la réduction de la consommation, le premier ministre s'engageant à ne pas augmenter les tarifs pour les citoyens au-delà de 3%. D'ambitieux plans d'efficacité énergétique devraient permettre d'économiser 3 500 MW d'ici à 2035.

Ralentissement dans le secteur électrique : Nemaska Lithium ne ralentira pas le rythme

Nemaska Lithium, un acteur clé de l'industrie électrique au Québec, poursuit ses activités sans relâche malgré un climat plus difficile et des retards de projets dans le monde entier. Sarah Maryssael, d'Arcadium Lithium, société née en janvier de la fusion de Livent et d'Allkem et liée à Nemaska Lithium, reste optimiste quant aux discussions positives en cours avec les fabricants. Dans un contexte de ralentissement économique et de chute des prix du lithium, Nemaska Lithium poursuit ses ambitions de produire de l'hydroxyde de lithium, essentiel pour les batteries des véhicules électriques.

L'entreprise a pour objectif de traiter le lithium provenant de la mine Whabouchi et de tirer parti des demandes de production prévues à long terme. Les coûts d'exploitation et de production à Bécancour étant estimés à environ 2 milliards de dollars américains, le gouvernement du Québec s'est engagé à verser jusqu'à 425 millions de dollars. Le projet de mine de lithium de la Baie-James d'Arcadium a également reçu une autorisation environnementale. Maryssael demande au gouvernement un soutien équivalent à celui dont bénéficient les fabricants de composants de batteries, en insistant sur la nécessité d'accroître la capacité de raffinage pour répondre à la demande.

Arcadium Lithium en bref

  • Date de création : 2024
  • Segments : Carbonate de lithium, hydroxyde de lithium, spodumène, produits spécialisés à base de lithium
  • Effectifs : Plus de 2600 personnes dans le monde
  • Projets : 13
  • Présence mondiale : Canada, États-Unis, Argentine, Australie, Chine, Japon

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Nouvelles hebdomadaires du Québec : Un aperçu des nouvelles hebdomadaires et des mises à jour provenant du Québec pour les semaines du 22 décembre 2023. - 12 janvier 2024 Rédigé par Félix Lachance.

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