Rapport annuel du CPVP au Parlement 2024-2025

Vue d'ensemble du rapport annuel du CPVP

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (CPVP) a publié sa 2024-25 Rapport annuel au Parlement le 5 juin. Dans ce rapport, le commissaire du CPVP souligne trois priorités stratégiques : protéger et promouvoir la vie privée avec un maximum d'impact ; aborder et défendre la vie privée à une époque de changements technologiques ; et protéger la vie privée des enfants. En évaluant le paysage canadien de la protection de la vie privée, le rapport révèle une préoccupation accrue pour la protection de la vie privée dans l'utilisation de l'IA, une légère augmentation du nombre d'atteintes à la protection des données et une inquiétude persistante concernant le stockage des données par les applications de médias sociaux. Il met également en lumière les résultats d'enquêtes et décrit les préparatifs en cours pour la future loi sur la protection de la vie privée des consommateurs.

Principales conclusions :

Le cycle 2024-2025 se caractérise par une augmentation des préoccupations du public. Le CPVP a reçu 11% de plus de plaintes en 2024-2025 que l'année précédente. Des institutions comme la GRC, le Service correctionnel du Canada et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ont été les sujets les plus fréquents de ces plaintes. En outre, le nombre de violations signalées dans le secteur public est passé à 615. Plus de 309 000 personnes ont été touchées, soit plus du double de l'année précédente. En outre, il y a eu un pic dans les cyber-attaques importantes, avec des rapports qui sont passés de 37 à 55 en une seule année.

Au cours de l'année écoulée, le CPVP a mené plusieurs activités de surveillance et d'enquête pour répondre à ces plaintes. Dans le cadre de la surveillance gouvernementale, le CPVP a collaboré avec des ministères qui mettent en œuvre des outils d'IA afin d'effectuer des évaluations de la protection de la vie privée pour promouvoir et mettre en œuvre des pratiques responsables en matière de données. Dans le cadre d'une enquête, le CPVP a mené une étude mondiale sur la protection de la vie privée des sites Web et des applications, qui a révélé que 97% utilisait des tactiques de conception manipulatrices visant à obtenir des données des utilisateurs, ce qui a incité les organisations à s'engager à réviser leurs pratiques. Le rapport souligne également que le CPVP a renforcé sa collaboration avec les autorités chargées de l'application de la loi afin de faire respecter les mesures de protection dans le cadre du développement et de la mise en œuvre des nouvelles technologies de surveillance.

Le CPVP met l'accent sur l'importance de la collaboration internationale, visant à protéger les droits à la vie privée des individus dans les juridictions réglementaires en travaillant avec les gouvernements internationaux pour faire respecter les normes de protection de la vie privée dans le monde entier, dans le but de permettre aux entreprises canadiennes de s'engager et de réussir plus facilement dans un monde globalisé. Cette année, le CPVP a élargi sa mission en joignant ses forces à celles des États-Unis, du Brésil, du Nigeria et du Royaume-Uni. Cela a donné lieu à une enquête conjointe sur la violation de 23andMe, en plus d'une collaboration continue avec des organismes internationaux tels que le G7 et l'Assemblée mondiale de la protection de la vie privée. Ces partenariats permettent au Canada de rester un acteur essentiel dans l'élaboration du paysage de la protection de la vie privée numérique au-delà des frontières.

Recommandations :

Dans son avis au Parlement, la commissaire à la protection de la vie privée a souligné la nécessité de mettre à jour les lois canadiennes sur la protection de la vie privée en adoptant la Loi sur la protection de la vie privée des consommateurs (LPRP), qui remplacerait le cadre actuel du secteur privé et donnerait au CPVP des outils tels que le pouvoir d'émettre des ordonnances et d'imposer des amendes. La commissaire a également insisté sur la nécessité de légiférer en matière d'intelligence artificielle par le biais du projet de loi sur l'intelligence artificielle et les données (AIDA).

En outre, le CPVP a demandé des mises à jour de la loi sur la protection de la vie privée, en faisant valoir que la vie privée devrait être reconnue comme un droit fondamental. Le rapport recommande en outre d'accorder au CPVP des pouvoirs plus étendus en matière d'audit, d'obtention de preuves et d'application de la loi, afin d'aider le Canada à rester en phase avec les normes mondiales en matière de protection de la vie privée. Dans l'ensemble, ces changements sont considérés comme essentiels pour rétablir la confiance du public et protéger les Canadiennes et les Canadiens.

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